Plus de 9 millions de tonnes d’objets encore utilisables sont jetés chaque année en France. Une partie significative de ces volumes provient du secteur industriel. Ces produits deviennent rapidement un problème logistique, économique et environnemental.
Stockage prolongé, recyclage prématuré, voire destruction : ces solutions restent encore largement utilisées, alors même qu’elles génèrent des coûts supplémentaires et alourdissent le bilan carbone des entreprises.
Cet article propose d’éclairer ce que deviennent réellement les invendus industriels aujourd’hui, d’explorer les leviers de valorisation existants et de montrer en quoi le don constitue une réponse concrète aux enjeux environnementaux, notamment dans une logique de réduction d’impact carbone et de stratégie RSE.
Que font réellement les industriels de leurs invendus aujourd’hui ?
Le stockage prolongé : une solution par défaut… rarement neutre
De nombreux invendus industriels sont conservés en entrepôt. Cette solution engendre pourtant des coûts récurrents : occupation de surface, immobilisation financière, gestion des stocks, risques d’obsolescence ou de dégradation.
Sur le plan environnemental, le stockage prolongé contribue indirectement à l’empreinte carbone via l’énergie nécessaire à l’exploitation des sites logistiques.
Le recyclage ou le déclassement anticipé
Cette option permet de récupérer de la matière mais elle reste une solution de second rang du point de vue environnemental. Recycler un produit implique une nouvelle transformation industrielle, donc une consommation supplémentaire d’énergie et de ressources.
La destruction : une pratique encore présente malgré les contraintes
Elle intervient généralement lorsque les contraintes logistiques, réglementaires ou contractuelles sont jugées trop complexes à gérer autrement.
Cette solution, en plus d’être coûteuse, représente un non-sens environnemental dès lors que les produits concernés sont encore utilisables.
Et le don ? Une option encore sous-exploitée
Le don d’invendus industriels demeure marginal, en particulier pour les produits non alimentaires. Beaucoup d’industriels considèrent encore que seuls les produits finis et standardisés peuvent être donnés. Cette perception limite fortement le recours au don, alors même qu’une grande partie des invendus industriels (composants, sous-ensembles ou prototypes) pourrait répondre à des besoins concrets.
C’est précisément sur ce point que les leviers de valorisation méritent d’être reconsidérés.
Chez Done, de nombreux industriels ont déjà fait ce choix. Plutôt que de destocker, recycler ou détruire, Atlantic, par exemple, a valorisé 1 000 palettes de radiateurs et de sèche-serviettes grâce au don, démontrant qu’une alternative opérationnelle et mesurable est possible.
Valoriser les invendus industriels : un enjeu environnemental majeur
Chaque année, la France génère environ 310 millions de tonnes de déchets, dont près de 20 % proviennent de l’industrie manufacturière. Si une partie de ces déchets est aujourd’hui valorisée, une quantité significative de produits encore exploitables sort prématurément du cycle d’usage.
Dans ce contexte, la valorisation des invendus industriels devient un levier clé pour agir en amont du déchet. Contrairement à une idée répandue, recycler ne constitue pas toujours la solution la plus vertueuse.
Donner une seconde vie à un produit, même partielle ou détournée de son usage initial, contribue directement à limiter l’extraction de matières premières, à réduire les volumes de déchets et à abaisser les émissions associées à la production de biens neufs.
Pour les industriels, la valorisation des invendus ne se limite donc pas à une logique de conformité ou de gestion des stocks. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la performance environnementale de l’entreprise, en lien avec ses engagements climatiques, sa stratégie RSE et la maîtrise de son impact carbone global.
C’est dans cette perspective qu’émergent de nouveaux cadres de réflexion, comme le SCOP 4, qui permettent d’intégrer des actions jusqu’ici peu prises en compte dans l’évaluation environnementale des entreprises.
Pour aller plus loin dans l’analyse, vous pouvez également consulter notre article sur l’impact environnemental des entreprises et les leviers pour le mesurer.
Le don, une réponse concrète au SCOP 4 et à la réduction du bilan carbone
Le bilan carbone des entreprises repose classiquement sur trois périmètres (SCOP 1, 2 et 3), centrés sur les émissions liées à l’activité et à la chaîne de valeur. Ils ne prennent cependant pas pleinement en compte l’impact des surstocks industriels, pourtant déterminant dans l’empreinte environnementale globale.
Le SCOP 4 vise précisément à intégrer ces actions parallèles aux trois SCOP traditionnels, en valorisant les démarches qui permettent d’éviter des émissions futures.
Lorsqu’un invendu industriel est détruit ou recyclé prématurément, le besoin auquel il pouvait répondre subsiste et sera couvert par la fabrication d’un produit neuf. À l’inverse, le don permet de substituer une production future par un produit déjà existant, y compris lorsqu’il ne s’agit pas d’un produit fini.
Le don constitue ainsi l’une des solutions concrètes du SCOP 4 pour réduire l’impact environnemental de l’entreprise, en agissant directement sur les surstocks. Il vient compléter les actions classiques de décarbonation, en transformant la gestion des invendus en levier de baisse du bilan carbone.
Pour aller plus loin sur les aspects de valorisation des dons, notamment d’un point de vue comptable et fiscal, vous pouvez consulter notre article sur l’évaluation des dons en nature aux associations.
Glossaire : ces produits industriels que vous pouvez donner
L’objectif de ce glossaire est de clarifier les grandes catégories de produits concernées et d’illustrer leur potentiel de réemploi.
Composants
Les composants désignent les éléments techniques ou fonctionnels intégrés dans un produit final. Circuits électroniques, moteurs, capteurs, visserie peuvent ainsi être réemployés dans des contextes de maintenance, de réparation ou de formation technique, notamment lorsqu’ils sont encore conformes sur le plan fonctionnel.
Pièces détachées
Les pièces détachées sont destinées à remplacer, réparer ou compléter un équipement existant. Roulements, filtres, câbles électriques, pièces mécaniques ou éléments hydrauliques peuvent trouver une utilité immédiate dans des ateliers, des structures de maintenance ou des projets de remise en état d’équipements.
Intrants
Les intrants regroupent l’ensemble des ressources nécessaires au processus de production, qu’il s’agisse de matières premières ou de consommables industriels. Plastiques granulés, acier brut, solvants, résines ou colles industrielles conservent un potentiel d’usage, même lorsqu’ils ne sont plus intégrés dans un cycle de production classique. Leur réemploi est particulièrement pertinent dans des usages techniques, pédagogiques ou expérimentaux.
Sous-ensembles
Les sous-ensembles sont des modules semi-finis composés de plusieurs éléments assemblés, destinés à être intégrés dans un produit complet. Des tableaux de bord automobiles, châssis de machines textiles ou blocs mécaniques préassemblés peuvent ainsi servir de supports pour la formation, le prototypage ou des projets techniques spécifiques, sans nécessiter de transformation lourde.
Équipements intermédiaires
Les équipements intermédiaires regroupent les machines et outils utilisés pour produire d’autres biens, sans être destinés à la consommation finale. Presses industrielles, robots de soudage, établis techniques ou machines-outils peuvent prolonger leur durée de vie dans des contextes non industriels, notamment pour la formation professionnelle ou des ateliers disposant de capacités d’investissement limitées.
Prototypes et démonstrateurs
Les prototypes et démonstrateurs sont conçus pour tester, valider ou présenter un concept, une technologie ou un produit, sans vocation commerciale directe. Prototypes de meubles, machines de démonstration ou maquettes fonctionnelles constituent souvent des supports particulièrement adaptés à l’apprentissage, à la formation ou à l’expérimentation.
Matières premières
Les matières premières correspondent aux produits de base utilisés dans la fabrication industrielle. Métaux et ferrailles, plastiques, caoutchouc ou bois peuvent être réemployés tels quels, sans passer par une transformation industrielle lourde, ce qui permet de limiter les impacts environnementaux associés.
Donner vos invendus industriels
Vous avez identifié des invendus industriels susceptibles d’être donnés et vous souhaitez savoir comment les valoriser concrètement, dans un cadre structuré et conforme à vos enjeux environnementaux et RSE ?
Contactez-nous pour étudier les possibilités de don adaptées à vos produits non alimentaires.
Pour mieux comprendre les solutions existantes et les structures susceptibles de recevoir des invendus non alimentaires, vous pouvez également consulter notre article sur les possibilités de don d’invendus.
FAQ - Invendus industriels
Peut-on donner des invendus industriels soumis à des contraintes réglementaires ?
Oui, à condition d’identifier clairement les obligations applicables aux produits concernés (normes techniques, sécurité, traçabilité). Le don n’exonère pas de ces exigences, mais il reste possible dès lors que les usages envisagés sont compatibles avec le cadre réglementaire.
Le don d’invendus industriels nécessite-t-il une modification des processus internes ?
Pas nécessairement. Le don peut être intégré aux flux existants de gestion des invendus, à condition d’être anticipé et structuré. Il s’inscrit alors comme une option supplémentaire aux côtés du recyclage ou du déclassement.
Les invendus industriels peuvent-ils être donnés même s’ils sont obsolètes ?
L’obsolescence commerciale ou technique n’empêche pas le don. De nombreux produits obsolètes conservent une valeur d’usage dans des contextes de formation, de maintenance ou de réemploi, dès lors qu’ils restent fonctionnels ou exploitables.
Comment est valorisé un don d’invendus industriels non alimentaires ?
La valorisation repose sur la valeur des produits au moment du don, selon leur nature (prix d’achat, coût de production ou valeur nette comptable). Cette évaluation est indispensable pour assurer la traçabilité du don et son intégration dans les démarches comptables et fiscales.
Le don d’invendus industriels peut-il concerner de faibles volumes ?
Oui. Le don n’est pas réservé aux volumes importants. Des quantités limitées de composants, de pièces détachées ou de matières premières peuvent répondre à des besoins ciblés et justifier une démarche de réemploi.
À quels types de structures s’adressent les dons d’invendus industriels ?
Les dons peuvent bénéficier à des associations, des établissements de formation, des ateliers d’insertion ou des structures menant des projets techniques ou pédagogiques. L’essentiel est l’adéquation entre la nature des produits donnés et les usages possibles.